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La mort de Dantonde Georg Büchner
 
 


 
 
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Le propos de "La Mort de Danton" est d'être sans cesse en création, et de faire ses révolutions en fonction des lieux qui le visitent. D'anciens lieux industriels encore pleins de l'énergie ouvrière, les dernières traces de désastres, un espace vide, à remplir de nos questions, de nos révoltes. Un monde plein de fables à reprendre, brûler où s'approprier.

Ainsi le spectacle prend sa source, son architecture, sa dramaturgie dans chaque lieu où il se produit.




Nous travaillons avec masques, vidéo, fauteuils roulants, tulle et guillotine
.
La traduction choisie est celle d'Arthur Adamov. Après qu'il ait lu toutes les autres, elle est apparue à Monsieur le Ministre comme celle qui offre le plus d'ouvertures de sens et permet le plus de projections et distanciations poétiques.

Le “démembrement” est
le leitmotiv du spectacle,
son anti-constitution
.

Pour ouvrir des gouffres, du sens, les acteurs jouent des scènes en décalant leur parole.

Il y a parfois discours,
hurlement au milieu
d’une scène quotidienne
.

Le spectacle va vers cela, la dramaturgie se déconstruit, et autour de Danton tout se délite, alors qu’au contraire le discours de Robespierre se solidifie, se catharsise.

L’Histoire dans les livres nous est racontée comme une fable avec une morale,
avec des bons et des méchants.
C’est l’Histoire racontée par les vainqueurs, et qui finit par s’inscrire dans les moeurs, dans les habitudes, une pensée puissante, sous-terraine, qui guide notre vie.

Et si l’Histoire est une fable, alors il faut revenir à la source, ouvrir les tombeaux, déterrer les vivants.
Nous avons décidé d’explorer concrètement ce rapport à la fable, avec des masques de corbeaux, de renards, de loups, d’agneaux... Les personnages se les passent, se les affublent.
Choisissent leur propre masque ou sont forcés d’en mettre un autre.

Dans l’optique du “démembrement” évoquée plus haut, les masques guident les formes des acteurs, renversent leurs corps, se portent à l’envers, sur un coude, une jambe, disloquent les corps habituels, font glisser le sens.

La raison du plus fort est toujours la meilleure”, et les masques qui représentent les plus faibles disparaissent au passage de la guillotine. L’être est emporté par l’image.

Tout au long du spectacle, les fables de la Fontaine, dans une interprétation vigoureuse, acquièrent une lumière nouvelle, invitent à renverser, à prendre en charge les morales qu’elles portent. Elles sont au texte de Büchner un puissant écho.

Dans chaque Ville où il se produit, le "work in progress" intègre des élèves d'École de théâtre, des figurants ou amateurs désireux de se produire dans la pièce. Ils forment "le Corps Électoral" dirigé par Mehdi Lecourt et représentent les mouvements de foule, l'opinion publique... Ils sont comme une Bête manipulée, ou une Page de Publicité, qui se retourne parfois contre ses créateurs.

Une autre référence importante est celle faite à la mise en scène de Christophe Rouxel sur le "Marat-Sade" de Peter Weiss. Ton Ministre y agissait alors en temps qu'acteur, dans le rôle de l'Annonceur. "La Mort de Danton" est parcourue dans sa structure de rappels et de références directes à ce premier travail sur la Révolution.

 
 
Estrait du texte
ROBESPIERRE :
"La nuit ronfle au-dessus de la terre et s'agite en un songe atroce. Des pensées, des désirs à peine soupçonnés, troubles et informes, qui se dissimulaient craintivement à la lumière du jour, reçoivent maintenant figure et relief et se glissent dans la demeure silencieuse du rêve. Ils ouvrent les portes, regardent par les fenêtres, s'incarnent à moitié. Les membres s'étirent dans le sommeil, les lèvres murmurent. Ce que nous nommons veille, n'est-ce pas aussi un rêve ?"
 



Laetitia Andrieu : Saint-Just
Caroline Demourgues : Marion - Lucile
Marc Faillat : Camille Desmoulins
Camille Forgerit : Julie
Mehdi Lecourt : Lacroix - Simon
Arnaud Macombe : Robespierre
Yann Métivier : Danton
 
 
Bibliographie

"La Mort de Danton" de Georg Büchner, traduction d'Arthur Adamov et préface de Marthe Robert.
"La Mort de Danton" de Georg Büchner, traduction de Bernard Chartreux, Eberhard Spreng et Jean-Pierre Vincent.
"David, L'art et le politique" de Régis Michel et Marie-Catherine Sahut
"Fables de La Fontaine", illustrées par Gustave Doré
"cène", aux éditions Phaïdon
"Marat-Sade" de Peter Weiss
"De la démocratie en Amérique" d'Alexis de Tocqueville
"La tête de Gogol", d'Anatoli Koroliov
 
 
 

Deuxième session au "Garage Moderne" (Bordeaux) :
Théâtre Icare (Saint-Nazaire), Conservatoire de Bordeaux, Le Garage Moderne, l'IDDAC
 
 

Solène Arbel pour avoir remplacé Laetitia sur la deuxième session, François Mauget et le théâtre des Tafurs, Gérard Laurent, Christophe Rouxel, Éric Dignac, Jean-Sté et David Ponce de la Nuit Venue, Dominique Unternehr, Didier Marcel, Christian Blanchard, Maurice Pichot, Thierry Maillard, Yann Cadoret (pour la fiche technique), Thierry Perrin, Arnaud et Nadja, la cie Iatus.

Sur la session du Garage Moderne, le rôle du Corps Électoral était tenu par les élèves d'Initiations système-A du Conservatoire de Bordeaux : Malory Bazin, Edouard Bonnet, Roxane Brumachon, Olivier Bureau, Marion Camy-Palou, Adrien Cornaggia, Augustin Mulliez, Marion Lambert, Louise Narat-Linol.
 
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