"Un Moment Sublime" est à l'origine une invitation
de l'auteur belge Stanislas Cotton, pour une soirée festive
qui s'est déroulée au Théâtre
de la Balsamine à Bruxelles.
Le thème était "la Révolution", et
il se trouve que Ton Ministre travaille depuis longtemps sur le sujet.
Il a donc repris et radicalisé les propositions
de "la Mort de Danton" en les reliant aux révolutions
qui l'ont suivies, notamment celle de 17 en Russie qui a fondé
l'Union Soviétique. Ton Ministre a repris un extrait du
roman d'Anatoli Koroliov "La Tête de Gogol", un
passage où Robespierre déclare "qu'il ne mentira
pas", où il développe le sombre avenir qui attend
ses amis de la Convention, et le glissement de la Révolution
vers la Terreur.
L'idée de Révolution a été reprise
(universellement), elle a souvent été le prétexte
à la fondation de Longues Dictatures Sanguinaires. Ou alors
elle fait l'objet d'un consensus mou, d'une sorte d'éternel
Mai 68, qui s'étire et finit par devenir un argument publicitaire
pour lessives qui lavent plus blanc.
Le
propos de Ton Ministre est de dire que "faire la Révolution",
implique certaines conséquences, pas toujours maîtrisées.
"Un Moment Sublime" est l'occasion
d'hurler toute sa colère et son impuissance, un mouvement
pas tout à fait cathartique, car après tout, on ne
sait jamais.
Le principe est simple : un corps quotidien surmonté d'une
tête-statue qui hurle un discours politique.
A la fin du texte, la tête rejoint le corps, souvent pour
le Pire.
Des Musiques populaires, crades, mais universelles que Ton Ministre
a plaisir à écouter pendant des heures scandent et
rythment la proposition. Chacun peut s'y reconnaître, personne
n'est à l'abri des mouvements de l'(H)istoire, quels qu'ils
soient : TOUT LE MONDE peut se retrouver
le Porte-flingue d'une dictature après avoir été
le chantre de valeurs humanistes.
"Un Moment Sublime" est devenu un concept, transposable
à d'autres acteurs, d'autres textes. Pendant la deuxième
session de "La Mort de Danton", Ton Ministre et ses comédiens
ont multipliés les têtes et les propos, passant d'Elsa
Solal, à Weiss, Robespierre et Büchner. Le résultat
en est un Maëlstrom Muséal, que Ton Ministre, par malignité
et colère peut-être, intitule "Le Grand Soir".
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